Pige qui aurait dû paraître en : novembre 2007.

Ça bouge du côté de Varacruz, l’association naturaliste et écologiste de l’Université Paul Sabatier. L’association a été crée en 1995 par des étudiants en biologie, motivés par une mission d’étude sur la baisse de la biodiversité de la ville de Veracruz, au Mexique. « Toute la promotion y avait adhéré, raconte Julien Salva, l’actuel président. Depuis, l’association a connu deux tendances : la première génération était surtout préoccupée par le naturalisme … puis lors de la deuxième génération, le domain de l’écologie est venu s’y greffer. Nous nous sommes rendus compte que pour observer il fallait protéger. Il faut changer les choses, informer les gens, sinon on va droit dans le mur . Actuellement nous comptons trente-six adhérents, c’est la première fois depuis plusieurs années que nous comptons un tel effectif.». Trente-six étudiants, qui informent et sensibilisent à travers divers projets : entretien du Sentier Nature de la fac, sorties de découverte dans la région, vente de papier recyclé, création de brochures opération Solar Génération …

Le Sentier Nature abrite plus de deux hectares sur le campus, il est entretenu par des bénévoles depuis 1997, avec le soutien de l’Université. Il est très riche en biodiversité, car il a été crée par l’UFR SVT qui a importé de nombreuses espèces. Ainsi on y trouve diverses expèces d’amphibiens protégées telles que le triton marbré, le triton palmé, la salamandre tachetée (logo de Vearcruz), le crapaud accoucheur. Dans cet espace naturel, soigneusement entretenu, figurent un potager, une cabane à outils, des abris à tritons pour l’hiver, des toilettes écologiques. Des défrichements y sont organisés : coupage de lierre et de ronces ainsi que des concours de nettoyage, afin de sensibiliser les étudiants à la propreté de l’environnement.

Pourtant derrière ce tableau prometteur règne un problème. En effet, un des projets du Grand Toulouse, la Liaison Multimodale Sud-Est, un projet hautement contesté par les écologistes, est prévue pour passer en travers du sentier. Les membres sont inquiets : « Ce projet va empiéter sur toute une partie du sentier nature, la pollution visuelle, sonore et chimique va nuire à la faune et la flore. Sans compter que la liaison va couper le sentier de ses connexions avec les autres bois. L’écosystème sera fragmenté et sa survie sera compromise. Du point de vue animal et végétal, ce sentier est un lieu riche, il sert pour la fac.».

Les membres ne se laissent pas démonter : « Nous avons attaqué, ainsi que d’autres associations comme les Amis de la Terre et Vélo, la Comission d’Utilité Publique, relate Julien. Le vote du projet s’est fait de peu. Les commissions d’enquête n’ont pas été respectées, et l’étude d’impact a été incomplète car elle n’a pas tenu compte des espèces protégées. Il faut faire vite. Les travaux commenceront en décembre … ».

Pour lutter contre les ravages que peut occasionner ce projet, un tracé alternatif, qui emprunte le pont existant Giordano Bruno, a été imaginé. Ce tracé pourrait faire une pierre deux coups car il permettrait de plus de desservir l’Université en favorisant les transports alternatifs à la voiture. Ce tracé a fait l’objet d’une pétition richement approuvée, par le le Conseil Municipal de Ramonville Saint-Agne et également des personnalités haut placées telles que Gérard Onesta et Corine Lepage. L’UFR SVT soutient également la cause à l’unanimité.